Débat : "Le marché libre corrode-t-il le caractère moral ?"
Le 15 février 2011 - Nous vous proposons un débat sur le thème "Le marché libre corrode-t-il le caractère moral ?" entre Jagdish Bhagwati, John Gray,Garry Kasparov, Quinqlian He, Michael Waltzer, Michael Novak, Bernard-Henri Levy, Kay S. Hymowitz, Tyler Cowen, Robert B. Reich, Ayaan Hirsi Ali, John C. Bogle et Rick Santorum. Ce débat a été organisé par la Fondation Templeton. Un concours d'essais a été organisé sur ce thème.
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Jagdish Bhagwati : "Au contraire." Je peux témoigner à partir de mon expérience personnelle que si vous essayez de parler du marché libre sur les campus universitaires aujourd'hui, vous serez enterrés sous une avalanche de critiques de la mondialisation... Lire la suite |
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John Gray : "Cela dépend." Le libre marché corrode certains aspects de caractère, tout en améliorant d'autres. Que le résultat soit bon ou pas, dans l'ensemble, dépend de comment l’on envisage une bonne vie... Lire la suite |
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Garry Kasparov : "Oui mais..." ... les autres systèmes sont pires. Le marché libre est un creuset de concurrence qui peut faire ressortir les plus vils instincts de la nature humaine... Lire la suite |
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Qinglian He : "Non." Au cours des derniers siècles, le monde a pu constater les nombreuses façons dont un marché libre actif génère le progrès matériel et social tout en renforçant en même temps le caractère moral... Lire la suite |
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Michael Waltzer : "Bien sûr." La concurrence sur le marché met les gens sous pression et les conduit à briser les règles ordinaires de conduite décente et puis à produire de bonnes raisons pour le faire... Lire la suite |
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Michael Novak : "Non... et puis oui." À la naissance de l'Amérique, la plupart des sociétés étaient organisées sur la base d'une aristocratie foncière ou d'un puissant establishment militaire. Les fondateurs de l'Amérique ont rejeté ces modèles... Lire la suite |
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Bernard-Henri Levy : "Certainement. Mais vraiment ?" Il est clair que la concurrence féroce des intérêts et des passions, la règle de l'argent fou, et le matérialisme comme mesure de toutes choses - en bref, le marché libre libéré de toutes les règles et régi uniquement par la cupidité ... Lire la suite |
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Kay S. Hymowitz : "Oui, trop souvent." Les critiques comprennent à juste titre que le libre marché porte atteinte à l’organisation traditionnelle et locale dont les uns et les autres dépendent pour enseigner et maintenir la morale... Lire la suite |
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Tyler Cowen : "En moyenne, non." En matière de morale, le marché libre fonctionne comme un amplificateur. En plaçant davantage de richesses et de ressources à notre disposition, il tend à renforcer et accentuer les tendances de caractère que nous possédons déjà... Lire la suite |
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Robert B. Reich : "Nous préférons ne pas savoir." La plupart d'entre nous sommes des consommateurs qui cherchent à obtenir les meilleurs prix possible sur le marché... Lire la suite |
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Ayaan Hirsi Ali : "Pas du tout." Il y a peu de consensus sur ce qui est moral, et encore moins sur ce qui corrode la morale. Un homme de foi mesure le caractère moral par la capacité de quelqu’un à se conformer aux exigences... Lire la suite |
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John C. Bogle : "Tout dépend." La réponse dépend entièrement du type de marché dont nous parlons et de ce que nous entendons par « morale »... Lire la suite |
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Rick Santorum : "Non." En fait, les marchés ont besoin de caractère moral s’ils doivent être vraiment libres, et des marchés vraiment libres, à leur tour, promeuvent le caractère moral.Lire la suite |
Le fichier PDF de tous les essais.

Cette publication a été rendue possible par le soutien de la Fondation John Templeton. Les opinions exprimées dans ces publications sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les vues de la Fondation John Templeton.


























Commentaires
Des commentaires orientés
Des commentaires orientés et absents du fond.
"Plus de la moitié 53,5% (!!) (38,5+15) des analystes penchent pour : le libre marché ne corrode pas la morale et si ça le fait c’est le moins pire. 23% c’est du « ça dépend ». Il reste les « OUI », qui sont finalement très tempérants et qui ne représentent que 23% des analystes, moins d’1/4 !
Le « débat » est biaisé. Pas étonnant puisque la fondation est tout à fait favorable au libre échange et plébiscite les projets qui promeuvent « les vertus qui soutiennent les économies capitalistes qui réussissent ». Tout un programme qui est déjà moralement orienté…"
Ce qui est présenté ici comme un biais est tout simplement l'opinion de personnes. C'est extrêmement attentatoire à la bonne foi des participants de faire ce type de critique. respectons les opinions et parlons du fond.
Ce qui est un premier biais délétère mais très fréquent c'est l'égalitarisme qui voudrait qu'il faille 50% d'un côté et 50% de l'autre pour que le débat ait une quelconque valeur.
Le deuxième c'est de se considérer comme un juge "objectif" de l'opinion des autres. Après avoir lu les contributions il apparaît que le classement énoncé est tout à fait inapproprié.
"Le capitalisme-libéral en tant que système tant social que politique ou économique est mort. Mais sont agonie malheureusement va prendre encore du temps tant les consciences en sont imbibées. Comme toute hydre agonisante, ce système, est toujours plus destructeur à mesure qu'il perd ses têtes."
Là aussi le commentateur aveuglé par sa logomachie répétitive n'a pas lu le sujet... Le marché libre corrode t il le caractère moral? Rien à voir avec ses affirmations toutes plus définitives et contradictoires les unes que les autres...
En résumé le capitalisme est moral et les hommes (et femmes) sont corruptibles par le pouvoir et l'argent public.
C'est sidérant de constater
C'est sidérant de constater la pauvreté des analyses de vos intervenants. Mais pourquoi s'en étonner ils sont tellement imbibés (comme la plupart des occidentaux) du dogme capitaliste-libéral, qu'ils sont incapables de s'en extraire. Cette contagion est telle que certains ont prétendus à la fin des idéologies sans se rendre comptes que le seul fait d'émettre cette hypothèse (absurde) était en soi une idéologie.
Le capitalisme-libéral en tant que système économique, social et économique est en effet devenu, pour les occidentaux , le seul système valide au point qu'ils ne parviennent plus à s'en détacher pour construire d'autres représentations sociales. Le capitalisme-libéral est arrivé à une telle "perfection", qu'il annihile les consciences et a fait des citoyens ses asservis (à l'opposé de toute liberté. Le capitalisme et libéralisme (indissociables l'un de l'autre) ont fait de l'homme une machine à produire et à consommer, rien de plus. La seule justification morale de ce système est de la nécessité de produire avec pour corollaire l'obligation ( présentée comme une liberté) de lui abandonner toute sa force de travail et le solde de son temps pour consommer. Dés qu'il s'agit de produire ce que la capitalisme-libéral appelle de la richesse plus aucune règle ne peut l'entraver (le capitalisme-libéral appelle cela la liberté d'entreprendre). Les règles éthiques et morales (droit d'ingérence, "droits de l'hommisme"...) ne sont que des alibis pour occulter l'impérialisme postcolonial du capitalisme-libéral. Le laïcisme est l'instrument de la disqualification de toute règle morale, éthique ou collective.
Mais ce système capitaliste-libéral est arrivé à un tel point d'asservissement consenti que, par là-même, il a signé sa chute.
Le capitalisme-libéral en tant que système tant social que politique ou économique est mort. Mais sont agonie malheureusement va prendre encore du temps tant les consciences en sont imbibées. Comme toute hydre agonisante, ce système, est toujours plus destructeur à mesure qu'il perd ses têtes. Les révoltes arabes, les éclatements de bulles dans les divers marchés, la crise de crédit, les crises monétaires, les crises de dettes nationales, les révoltes au Wisconsin, les manifestations en Grèce et dans de nombreux pays occidentaux, la convenions en Islande, l'entêtement de l'oligarchie politico-financière à imposer des mesures néolibérales de façon dictatoriale ne sont rien indépendamment l'une de l'autre (d'ailleurs le système fait tout pour nous faire croire qu'ils ne sont pas interdépendants et qu'ils sont l'expression même de sa suprématie. Mais pris dans leur ensembles, ils sont les signes qu'une révolution est en marche. Qu'un renversement de paradigmes sociaux est amorcé. Qu'il est inéluctable. Bref qu'une révolution se déroule sous nos yeux, que le capitalisme-libéral est un système du passé et qu'un nouveau modèle de société est entrain de s'inventer et de se bâtir. Nous n'en sommes qu'aux prémices mais c'est inéluctable.
Etonnant débat ? LES « NON
Etonnant débat ?
LES « NON » (38,5%) :
Jagdish Bhagwati : "Au contraire."
Qinglian He : "Non."
Tyler Cowen : "En moyenne, non."
Ayaan Hirsi Ali : "Pas du tout."
Rick Santorum : "Non."
LES « C’EST UN MOINDRE MAL » (15%) :
Garry Kasparov : "Oui mais..."
Bernard-Henri Levy : "Certainement. Mais vraiment ?"
LES « 50/50 » (23%) :
John Gray : "Cela dépend."
John C. Bogle : "Tout dépend."
Robert B. Reich : "Nous préférons ne pas savoir."
LES « OUI » (23%):
Kay S. Hymowitz : "Oui, trop souvent."
Michael Novak : "Non, et puis oui." Contre le déclin moral, il faut plus de moral …
Michael Waltzer : "Bien sûr."
Dans ces « OUI », vous avez M. Novak qui précise que la morale s’érode mécaniquement dans la société commerciale, par conséquent : « la plus grande tâche d'une société commerciale devient l'approfondissement moral et culturel… ». Ce qu’il nous explique, c’est que contre le déclin moral, il faut plus de morale (intéressant !)…
Mme Hymowitz qui prenant appui sur la question initiale finie par divaguer sur l’utilisation des nouvelles technologies (l’automobile, internet..) le tout agrémenté d’un saupoudrage religieux: « Dans l’ancien temps, les enfants imprégnés de l'éthique protestante faisaient leurs corvées ménagères et étaient polis » vive l'ancien temps !
M. Waltzer fournit la charge la plus forte, mais … il contrebalance en permanence avec la politique: « Pensez aux manières dont le fonctionnement politique démocratique corrode aussi le caractère moral », « La corruption s'étend à la politique »…. Du coup, pour lui, oui le marché corrode la morale, mais bon, cela existe dans d’autres secteurs.
Plus de la moitié 53,5% (!!) (38,5+15) des analystes penchent pour : le libre marché ne corrode pas la morale et si ça le fait c’est le moins pire. 23% c’est du « ça dépend ». Il reste les « OUI », qui sont finalement très tempérants et qui ne représentent que 23% des analystes, moins d’1/4 !
Le « débat » est biaisé. Pas étonnant puisque la fondation est tout à fait favorable au libre échange et plébiscite les projets qui promeuvent « les vertus qui soutiennent les économies capitalistes qui réussissent ». Tout un programme qui est déjà moralement orienté…
Cordialement,
Rhéteur9
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